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Science & Health6 oct. 2026

Des chercheurs d'Osaka distinguent électriquement les formes L et D des acides aminés

Couplant tunnel électrique et intelligence artificielle, un capteur à nanogap identifie la chiralité de molécules isolées avec plus de 80 % de précision et restitue les principaux traits d'échantillons naturels complexe…

Des chercheurs d'Osaka distinguent électriquement les formes L et D des acides aminés

Une équipe de l'université d'Osaka menée par Takahito Oshiro et Masateru Taniguchi rapporte, dans Nature Communications, une méthode électrique capable de séparer les deux formes miroir des acides aminés au niveau de la molécule unique. La précision annoncée dépasse 80 %. Les auteurs présentent ce résultat comme la première discrimination de la chiralité d'acides aminés à l'échelle d'une molécule — un résultat qui, à ce stade, relève de la démonstration instrumentale de laboratoire.

Le dispositif repose sur un fil d'or interrompu de manière à ménager deux nanoélectrodes séparées par une fente infime. Lorsqu'un acide aminé franchit ce nanogap, il modifie le courant tunnel entre les électrodes et produit une courbe de courant caractéristique. Un traitement par intelligence artificielle attribue ces signaux à l'une ou l'autre des formes L et D. La mesure porte ainsi sur des événements individuels plutôt que sur une valeur moyennée sur un grand nombre de molécules.

Les chercheurs ont ensuite éprouvé la méthode sur des échantillons naturels complexes : matière du météorite de Murchison, en Australie, et sols du désert d'Atacama, au Chili, site retenu comme analogue martien en raison de son extrême sécheresse. Selon Masateru Taniguchi, l'approche s'est révélée comparable aux procédés traditionnels, les deux méthodes restituant les principaux traits de la composition en acides aminés. La précision obtenue sur ces échantillons n'est pas chiffrée dans les sources.

Le contexte biologique de ces mesures demeure incertain. Chez les organismes vivants, les protéines sont presque exclusivement constituées d'acides aminés de forme L, tandis que les sucres adoptent majoritairement la forme D ; les synthèses non biologiques produisent en revanche les deux variantes en proportions voisines. Un rapport L/D déséquilibré constitue donc un indice, non une preuve : un tel signal doit être interprété dans son contexte géologique et chimique. Une exactitude supérieure à 80 % signifie en outre que la séparation des formes miroir n'est pas exempte d'erreurs.

La méthode s'inscrit dans la continuité du concept instrumental ELIE, développé par le même groupe pour l'analyse d'acides aminés à l'échelle moléculaire au moyen de capteurs à nanogap. La détection électrique présenterait deux atouts pour des sondes spatiales — une moindre sensibilité aux vibrations et l'absence de réactifs chimiques — avantages qui restent à valider techniquement pour des missions concrètes. La prochaine étape observable sera cette validation, ainsi que la capacité d'un futur instrument à quantifier de façon fiable les parts L et D dans des mélanges variés.