Absence de contact extraterrestre : les hypothèses théoriques se multiplient sans consensus
Du paradoxe de Fermi aux hypothèses de l'hibernation cosmique et de la forêt sombre, les explications du silence extraterrestre restent des propositions théoriques non départagées.

Le paradoxe formulé en 1950 par Enrico Fermi, lors d'une pause déjeuner au Los Alamos National Laboratory, demeure la matrice des débats contemporains sur l'absence de contact extraterrestre : si l'univers est vaste et riche en étoiles potentiellement habitables, aucune trace, aucun signal ni aucun visiteur n'a été observé. Selon Passione Astronomia, une réponse théorique consiste à supposer que des civilisations avancées seraient en veille cosmique, attendant que l'univers se refroidisse suffisamment pour rendre avantageux l'usage de leur énergie.
D'autres hypothèses sont avancées par les mêmes sources italiennes. La théorie de la forêt sombre, rapporte Passione Astronomia, suggère que la recherche de civilisations extraterrestres pourrait exposer celles qui la mènent à un risque, et que l'absence de contact devrait être préférée. Selon Il Post, l'astrofisico della Harvard University John Allen Ball a théorisé en 1973, dans un article intitulé L'ipotesi dello zoo publié dans Icarus, que des civilisations plus évoluées et plus anciennes éviteraient délibérément toute interaction, faisant de la région de l'univers où nous vivons une sorte d'aire protégée. Le même média évoque par ailleurs une étude selon laquelle les connexions interstellaires deviendraient à un certain point insoutenables pour d'éventuelles civilisations extraterrestres.
Les estimations quantitatives varient selon les cadres théoriques. Passione Astronomia rapporte que la Voie lactée compte 200 milliards d'étoiles et peut-être 100 milliards de planètes, et que l'équation de Drake conduit en théorie à au moins 20 civilisations dans notre angle cosmique. Le site américain Universe Today rapporte qu'une nouvelle étude du Dr Christopher Doughty, de la Northern Arizona University, publiée dans l'International Journal of Astrobiology, propose d'évaluer le degré d'évolution de la vie sur une planète à partir de la quantité totale de carbone que celle-ci peut mobiliser au service de la biologie, plutôt qu'à partir de l'âge de son étoile, critère habituellement utilisé par les astrobiologistes.
Aucun consensus scientifique ne se dégage de ces propositions, qui relèvent d'hypothèses théoriques dont la mise à l'épreuve n'est pas datée dans les sources disponibles. Les débats sur les critères d'observation et sur les lieux où concentrer les recherches se poursuivent depuis des décennies, selon Universe Today, sans qu'aucune des explications avancées ne soit confirmée ni écartée.