Créatures entrevues et poils de chien : ce que contiennent les fichiers UFO du Pentagone
Un rapport de 2010 d'un contractant du Pentagone recueille des récits de créatures bipèdes et d'un « portail » près de Fort Duchesne, où les analyses ADN désignent un chien et un raton laveur.

Un nouveau lot de documents déclassifiés consacrés aux phénomènes aériens non identifiés a été rendu public le 23 octobre 2026 : il comprend un rapport de 2010, long de 60 pages, signé par Bigelow Aerospace Advanced Space Studies (BAASS), contractant privé associé à des recherches financées par le Pentagone. Pour le dossier des témoignages et de la divulgation, l'intérêt du document tient à son objet même : des récits d'apparitions recueillis auprès d'habitants y voisinent avec des analyses de laboratoire beaucoup plus ordinaires. La publication de ces pièces n'équivaut pas, souligne l'International Business Times, à une vérification gouvernementale d'une activité paranormale.
Le témoignage le plus circonstancié est celui d'un homme de la région, interrogé le 24 mars 2010. Deux nuits plus tôt, vers 20 heures, une grande ombre a filé devant sa maison ; ses chiens l'ont prise en chasse et l'homme est resté à l'intérieur, observant depuis sa porte, pendant une trentaine de minutes. La silhouette, qui frappait à répétition un grillage barbelé, se déplaçait « comme une étoile de piste » avant de fuir vers une ferme abandonnée. Lors d'une rencontre antérieure, en janvier, le même témoin avait décrit un animal voûté d'environ six pieds — certains récits vont jusqu'à sept — et de quelque 250 livres, la tête semblable à celle d'un berger allemand sans le museau pointu, le nez « plus proche de celui d'un humain », le poil court noir mêlé de gris.
Sur le grillage, les enquêteurs ont retrouvé des poils, soumis à analyse. Deux échantillons partageaient la même séquence d'ADN canin qu'un prélèvement de contrôle effectué sur un chien vivant sur la propriété ; BAASS a jugé que la concordance, l'aspect semblable des poils et la présence de chiens divaguant suggéraient fortement une même origine, tout en précisant que la seule correspondance génétique n'était pas décisive. Un autre échantillon, prélevé sur un rocher, correspondait à de l'ADN de raton laveur. Le rapport ne comporte ni photographie confirmant les créatures ni preuve d'un passage vers un autre monde.
Une femme a raconté avoir vu, une vingtaine d'années avant son entretien de 2010, une formation transparente et immobile d'une trentaine à une quarantaine de pieds de haut, ondulant comme de l'eau et ressemblant à une brume de chaleur, observée depuis une centaine de pieds ; elle disait en avoir gardé une impression paisible et l'avoir interprétée comme une porte vers un autre monde après la lecture d'un livre consacré à Skinwalker. D'autres récits évoquent un « grondement » entendu deux fois, cinq à dix secondes durant, vers 23 heures le 22 mars 2010 ; un bras velu de trois pieds passé par une fenêtre de chambre en hiver 2003, à quatre longs doigts sans pouce visible ; une silhouette féminine voûtée sautant entre les toits vers 2009, que la témointe rattache à la « dame au panier » de la culture ute et pour laquelle sa mère aurait appelé les secours ; une créature glabre de huit pieds sur un abri à chevaux en septembre 2009 ; enfin des lumières, dont un orbe bleu près du lac Bottle Hollow et une petite lueur bleu-vert disparue « en un clin d'œil ».
Le nom de Skinwalker vient de la tradition navajo, où il désigne une sorcière malveillante capable de prendre forme animale ; la carte du rapport, largement expurgée, situe l'enquête autour du ranch homonyme, une propriété de 512 acres du bassin d'Uintah. Les enquêteurs y ont effectué deux séjours, en mars et avril 2010, interrogé plus de 25 personnes, éleveurs et représentants des forces de l'ordre compris, et installé sept caméras de surveillance. Reste, dans les pages, ce détail : des poils accrochés aux barbelés, comparés à ceux d'un chien qui divaguait sur la propriété.